Navigation à facettes et SEO : cas concret avec le projet Nebout & Hamm

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La navigation à facettes est souvent présentée comme un simple sujet de filtres e-commerce. En réalité, elle touche directement à l’architecture SEO d’un site.

Bien pensée, elle permet à l’utilisateur de trouver rapidement le bon produit. Mal maîtrisée, elle peut générer des milliers d’URL inutiles, diluer les signaux SEO et mobiliser inutilement les ressources d’exploration de Google.

Google documente clairement ce risque : une navigation à facettes basée sur des paramètres peut créer un espace d’URL très important et ralentir la découverte des pages réellement utiles du site.

Chez Youdemus, ce type de sujet se pose sur les projets e-commerce dès lors qu’un catalogue peut être filtré selon plusieurs critères. L’enjeu n’est alors pas seulement de proposer une navigation pratique, mais de déterminer quelles entrées doivent devenir de véritables pages SEO et lesquelles doivent rester de simples outils de filtrage.

Le projet Nebout & Hamm illustre bien cette problématique. La refonte du site avait pour objectif de moderniser l’image de marque, de proposer une expérience e-commerce fluide et rassurante, de valoriser l’expertise de la maison et de développer les prises de contact qualifiées : devis, essais ou visites en showroom.

Navigation à facettes : un filtre n’est pas forcément une page SEO

Une facette est un critère permettant d’affiner une liste de produits : marque, prix, état, type de produit, disponibilité, couleur, taille, matière ou usage.

Sur un site e-commerce WordPress, ces filtres sont souvent indispensables pour aider l’utilisateur à naviguer dans un catalogue important.

Le problème apparaît lorsqu’un filtre génère automatiquement une nouvelle URL accessible aux moteurs de recherche.

Toutes les combinaisons ne constituent pas des opportunités SEO.

Il faut donc distinguer trois éléments :

  • une catégorie, qui participe à la structure du site ;
  • une facette, qui aide l’utilisateur à affiner sa recherche ;
  • une page SEO, qui répond à une intention de recherche identifiable.

Une catégorie peut naturellement être indexée. Une facette peut parfois justifier une page SEO dédiée. Mais la majorité des combinaisons de filtres n’ont pas vocation à apparaître dans l’index de Google.

Nebout & Hamm : un catalogue avec de nombreux critères de navigation

Page boutique du site Nebout & Hamm avec les différentes facettes
Screenshot

Nebout & Hamm ne propose pas un catalogue composé de produits simples ou interchangeables.

Le site présente différents univers : pianos acoustiques, pianos numériques, occasions, services, marques, typologies de pianos, pianos silencieux, pianos à transducteurs ou encore Disklavier.

Le parcours d’achat est lui aussi particulier. Un utilisateur peut comparer un piano droit et un piano numérique, hésiter entre neuf et occasion, rechercher une marque précise, vouloir essayer un instrument en magasin ou demander conseil avant achat.

Sur la boutique, plusieurs filtres permettent d’affiner les résultats, notamment par état, type de piano, marque, prix ou localisation.

On retrouve par exemple des entrées comme “Neuf”, “Occasion”, “Acoustique”, “Numérique”, “Droit”, “Piano à queue” ou “Portable”, ainsi que différentes marques comme Yamaha, Kawai, Bösendorfer, Sauter, Schimmel ou Steingraeber.

Ces filtres sont utiles pour l’expérience utilisateur. Leur présence ne signifie toutefois pas qu’ils doivent tous générer des pages indexables.

Le risque SEO : multiplier les URL sans multiplier la valeur

Sur un catalogue e-commerce, la difficulté vient moins du nombre de produits que du nombre de combinaisons possibles entre les différents filtres.

Un même catalogue peut ainsi produire des URL correspondant à des recherches comme :

  • piano droit ;
  • piano droit Yamaha ;
  • piano droit Yamaha occasion ;
  • piano droit Yamaha occasion Paris ;
  • piano droit Yamaha occasion Paris avec système Silent ;
  • piano droit Yamaha occasion Paris dans une tranche de prix précise.

Certaines combinaisons peuvent répondre à une intention de recherche réelle. D’autres ne sont que des variantes de navigation sans intérêt SEO particulier.

Lorsque toutes ces URL deviennent explorables, Google peut consacrer une partie importante de son crawl à des pages proches, peu différenciées ou très faibles.

Google recommande donc d’empêcher l’exploration des URL de facettes lorsqu’elles n’ont pas vocation à apparaître dans les résultats de recherche.

La question à se poser n’est donc pas : faut-il proposer des filtres ?

La vraie question est : quelles facettes justifient l’existence d’une page SEO dédiée ?

Une grille d’arbitrage en quatre critères

Pour répondre à cette question, il faut analyser chaque facette selon plusieurs dimensions.

1. La demande SEO

Une facette ne doit devenir indexable que si elle correspond à une recherche réelle et identifiable.

Une page autour des pianos droits peut par exemple avoir du sens, car il s’agit d’une typologie produit claire.

Le site Nebout & Hamm dispose d’ailleurs d’une page dédiée aux pianos droits, avec des sous-entrées pour les pianos droits neufs, les pianos droits d’occasion et les modèles Silent ou Transacoustic.

À l’inverse, une combinaison très fine associant typologie, état, localisation, prix, marque et option relève davantage du filtrage que d’une page SEO stratégique.

2. La profondeur du catalogue

Une page SEO doit pouvoir présenter une sélection suffisamment riche et stable.

Une page “pianos droits Yamaha” peut être pertinente si le catalogue comporte assez de références et si cette offre est durable.

À l’inverse, une combinaison comme “piano droit Yamaha noir occasion entre 4 000 € et 5 000 €” risque de produire une page pauvre, très dépendante du stock disponible et susceptible de devenir rapidement vide.

3. La capacité à produire un contenu spécifique

Une page indexable doit pouvoir apporter autre chose qu’une simple liste de produits.

Sur Nebout & Hamm, les marques ne sont pas uniquement utilisées comme filtres. Elles peuvent également porter une dimension éditoriale : histoire, fabrication, identité sonore, positionnement ou expérience en magasin.

Le site dispose notamment d’une page “Nos marques de pianos neufs”, qui présente la sélection de grandes marques de pianos droits et à queue proposées dans les magasins parisiens.

C’est l’une des principales différences entre une véritable landing page SEO et un simple résultat filtré : la page doit être capable d’apporter une information utile au-delà du catalogue.

4. La valeur business

Le potentiel SEO ne suffit pas à lui seul.

Dans le cas de Nebout & Hamm, les objectifs du site incluent notamment la prise de contact, la demande de devis, l’essai en showroom et la visite en magasin. Ces objectifs sont présentés dans la réalisation Nebout & Hamm publiée par Youdemus.

Une page peut donc avoir un intérêt même lorsque son volume de recherche reste modéré, si elle correspond à une intention commerciale forte et cohérente avec l’offre.

Trois familles de facettes à distinguer

À partir de cette grille, un catalogue comme celui de Nebout & Hamm peut être analysé selon trois grandes familles.

Les pages qui peuvent être travaillées en SEO

Ce sont les entrées qui répondent à une intention claire et qui peuvent justifier un contenu et une URL dédiés.

Par exemple :

  • pianos droits ;
  • pianos à queue ;
  • pianos numériques ;
  • pianos d’occasion ;
  • pianos silencieux ;
  • marques de pianos ;
  • combinaisons entre marque et typologie lorsque le catalogue et la demande le justifient.
Illustration d'une page catalogue travaillée comme une landing page
Screenshot

Ces pages doivent être traitées comme de véritables landing pages, avec une structure et un contenu propres.

Les facettes principalement utiles à l’UX

D’autres filtres servent avant tout à faciliter le parcours utilisateur.

Cela peut concerner :

  • le prix ;
  • l’état seul ;
  • la localisation ;
  • la disponibilité ;
  • le tri ;
  • certaines options secondaires ;
  • les combinaisons très profondes.

Ces critères peuvent être utiles dans la navigation sans pour autant générer automatiquement des pages SEO.

Les cas intermédiaires

Certaines facettes ne peuvent pas être classées de manière systématique.

Les pianos Silent, Transacoustic, Disklavier ou les pianos à transducteurs peuvent, selon les sites, être considérés comme de simples filtres ou comme de véritables typologies.

Sur Nebout & Hamm, ces entrées occupent une place visible dans l’architecture de navigation.

Leur intérêt SEO doit donc être évalué selon les mêmes critères : demande, profondeur du catalogue, capacité à produire un contenu utile et valeur commerciale.

Les règles techniques à prévoir

Une stratégie de navigation à facettes doit ensuite être traduite techniquement.

1. Créer des URL propres pour les pages stratégiques

Les pages ayant un véritable potentiel SEO ne doivent pas dépendre uniquement d’un filtre dynamique.

Elles doivent notamment disposer :

  • d’une URL stable ;
  • d’une balise title dédiée ;
  • d’un H1 spécifique ;
  • d’un contenu d’introduction utile ;
  • d’un maillage interne depuis les pages proches ;
  • d’une sélection produit cohérente ;
  • d’une canonical vers elles-mêmes.

Une page “pianos droits” ou “pianos d’occasion” doit donc être conçue comme une véritable landing page et non comme une simple vue filtrée.

2. Limiter les paramètres crawlables

Les paramètres de tri, de prix ou les combinaisons profondes peuvent générer un grand nombre d’URL sans intérêt pour les moteurs.

Lorsque ces URL n’ont pas besoin d’être explorées, Google recommande notamment d’en empêcher le crawl via le fichier robots.txt.

Exemple de logique, à adapter selon le fonctionnement du site :

User-agent: Googlebot
Disallow: /*?orderby=
Disallow: /*?min_price=
Disallow: /*?max_price=
Disallow: /*?filter_

Il ne s’agit pas de bloquer tous les paramètres sans distinction, mais d’identifier les patterns qui ne présentent aucun intérêt SEO.

3. Ne pas utiliser la canonical comme unique solution

La balise canonical est utile pour indiquer une version de référence, mais elle ne suffit pas à corriger une architecture qui génère trop d’URL.

Google précise que rel="canonical" peut réduire progressivement l’exploration des versions non canoniques, mais que cette approche est généralement moins efficace à long terme que la limitation directe du crawl des facettes inutiles.

Une canonical doit donc accompagner une stratégie, pas la remplacer.

4. Utiliser noindex avec précaution

La directive noindex peut être pertinente pour des pages accessibles aux utilisateurs mais qui ne doivent pas apparaître dans les résultats de recherche.

Pour qu’elle soit prise en compte, Google doit toutefois pouvoir explorer la page.

Une URL bloquée dans robots.txt ne permet pas à Google de lire sa directive noindex.

La chronologie peut donc avoir son importance :

  • si une page est déjà indexée, éviter de la bloquer immédiatement dans robots.txt ;
  • laisser Google accéder à la page afin qu’il lise le noindex ;
  • une fois la désindexation effectuée, envisager éventuellement une limitation du crawl.

5. Gérer les combinaisons sans résultat

Les combinaisons de filtres incohérentes ou ne retournant aucun produit ne doivent pas produire durablement des pages vides.

Google recommande de renvoyer un statut HTTP 404 lorsqu’une combinaison de filtres ne retourne aucun résultat ou lorsqu’elle n’a pas de sens.

Cela permet d’éviter l’accumulation d’URL sans contenu utile.

Comment auditer une navigation à facettes

L’audit ne doit pas se limiter aux filtres visibles dans l’interface.

Il faut confronter plusieurs sources de données.

Le crawl du site

Le crawl permet d’identifier les différents patterns d’URL générés.

Il faut notamment rechercher :

  • les paramètres récurrents ;
  • les combinaisons profondes ;
  • les pages sans produit ;
  • les variantes de tri ;
  • les canonical incohérentes ;
  • les URL indexables sans contenu différenciant.

Les logs serveur

Les logs permettent de voir ce que Googlebot explore réellement.

Un site peut sembler parfaitement maîtrisé côté utilisateur tout en laissant les moteurs parcourir un grand nombre d’URL générées par les filtres.

Google Search Console

La Search Console permet ensuite de comparer les URL découvertes, explorées, indexées ou exclues.

Parmi les signaux à surveiller :

  • “explorée, actuellement non indexée” ;
  • “détectée, actuellement non indexée” ;
  • pages dupliquées ;
  • canonical choisie différente ;
  • augmentation anormale du nombre d’URL connues ;
  • faible exploration des pages stratégiques.

L’analyse business

Enfin, l’analyse ne doit pas être uniquement technique ou SEO.

Une facette peut être très utile au parcours d’achat sans avoir vocation à être indexée.

À l’inverse, une requête présentant un volume de recherche intéressant n’a pas forcément de valeur si l’offre correspondante est trop faible, instable ou peu stratégique.

C’est le croisement de ces différentes lectures qui permet de décider quelles pages doivent être développées, contrôlées ou exclues du crawl.

Conclusion : sélectionner plutôt que tout indexer

La navigation à facettes n’est pas problématique en soi.

Le risque apparaît lorsque toutes les combinaisons de filtres deviennent automatiquement des URL explorables et indexables.

Sur un catalogue comme celui de Nebout & Hamm, la difficulté consiste donc à faire la différence entre les entrées qui structurent réellement l’offre, les filtres qui facilitent le parcours utilisateur et les pages qui peuvent répondre à une intention de recherche pertinente.

Une bonne stratégie SEO e-commerce ne consiste pas à transformer chaque filtre en page.

Elle consiste à sélectionner les URL qui méritent réellement d’être explorées, indexées et travaillées.

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À propos de l'auteur
Axel Paratre
Ingénieur de formation, Axel a co-fondé l'agence web Youdemus en 2013 dans laquelle il exerce la fonction de Directeur Technique. Sa maîtrise approfondie du CMS WordPress, ainsi que ses compétences avancées en administration de systèmes, constituent la pierre angulaire de son expertise.

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